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Rodrigo y Gabriela @ Ancienne Belgique


Alors que certains ne marchent parfois plus tout à fait droit sur le boulevard Anspach (Saint V oblige), d’autres ont les idées très claires et attendent sagement devant l’AB pour l’ouverture des portes : ce soir c’est Rodrigo et Gabriela qui sont à l’honneur !

Wallis Bird @ Ancienne Belgique (© Vincent Philbert)

C’était Wallis Bird qui donnait l’ouverture de la soirée. Première réaction : super, une chanteuse de plus qui s’est dit que se pointer sur scène avec une guitare et sa belle voix suffirait à amuser les gens et ne pas tomber dans l’ennui profond (comme c’est souvent le cas). Elle s’est bien défendue par rapport à cela, et ce grace à son caractère relativement déjanté. Heureusement, certains morceaux avaient bien plus de punch que les autres, et sont clairement ressortis du lot. Elle s’est donc bien démerdée, et s’est bien sûr vantée d’accompagner Rodrigo y Gabriela en leur faisant une éloge bien particulière (« everytime I see them from the side of the stage, I have to change my underwears », quelque chose de raffiné dans le style!)

Passons au plat de résistance…
Une chose est certaine, le duo Rodrigo y Gabriela a accumulé au fil des années un petit succès qui ne se cache pas le soir du concert. Pourtant déjà présents pour égayer les froides soirées bruxelloises d’automne en 2007 et en 2008 (également à l’AB, peu d’artistes s’en permettent autant), le public n’a pas moins l’air enthousiaste de revoir nos chers mexicains.

Rodrigo y Gabriela @ Ancienne Belgique (© Julie Haelemeersch)

Personnellement, je les avais déjà vus à Werchter cette année, je ne les connaissais pas encore mais un ami qui était avec moi à ce moment là ne voulait les rater sous aucun prétexte. Et j’ai bien vite compris pourquoi. Ils arrivent l’air de rien, avec leur guitare semi-acoustique, une haute modestie mais également une joie de vivre naturelle qui met le feu. La plupart du temps, Rodrigo s’occupe d’envoyer les mélodies tandis que Gabriela utilise sa guitare pour donner un mélange entre les accords accélérés et une percussion, technique apparemment bien à elle.

A Werchter comme à l’AB, je suis resté scotché face aux performances de chacun d’eux. Gabriela arrive à jouer des séries rapides tout en frappant sur sa guitare, et ce à une vitesse impressionnante. Rodrigo, de son côté, ne cache pas sa maitrise et enchaine les accords : comme si James Hetfield s’était soudainement décidé de jouer de la guitare acoustique. Et ce n’est pas un hasard : les deux zigotos faisaient précédemment partie d’un groupe de métal (nommé Tierra Ácida) avant de se mettre à jouer des musiques un peu plus romantiques.
Pour les connaisseurs, toutes leurs techniques sont expliquées ici, par les concernés eux-même.

Gabriela Quintero @ Ancienne Belgique (© Julie Haelemeersch)

J’ai eu l’occasion entre les deux concerts de découvrir leurs albums, en particulier l’éponyme « Rodrigo Y Gabriela » que je conseille fortement. J’ai pu donc prendre d’autant plus de plaisir lors de ce concert à l’AB. Il était excellent, pour moi encore mieux qu’à Werchter. On a vraiment eu l’impression qu’ils avaient réfléchi à la manière de tourner chacune de leur chanson en un concept pour entrainer tout le public dans leur monde à part. Niveau communication orale, il ne faut pas en attendre grand-chose : « come on ! », « we love belgium, you are the greatest audience in the world » (mais oui, j’en suis certain !), « we are going to make another concert in fo…faureste né…na…natzzionnalé… whatever they fucking call it » (très amusant, le public a d’ailleurs hué cette dernière phrase, répondant un « noooooo » général lorsqu’ils ont demandé si la salle de Forest National était bien!). A part ça, les dialogues étaient relativement absents ; mais heureusement, pas besoin pour eux de parler pour transmettre la joie que le public attend. Ils ont l’air heureux d’être là, parfois même trop (c’est à se demander ce qu’ils consomment avant de rentrer sur scène), et c’est communicatif.

Pour chaque chanson, on a donc eu droit à un de leur concept original : un « duel » de guitares, une ambiance lever/coucher de soleil en fond de musique douce, Rodrigo a même été jusqu’à jouer de la guitare avec une bouteille de bière (ce qui donnait un effet psychédélique digne des Pink Floyd). Souvent, ils ont fait participer le public : applaudissements à différents rythmes par Gabriela (par exemple sur Juan Loco, comme on voit sur la vidéo ci-dessous), imitation vocale des accords de Rodrigo, etc.
On a eu droit également à un solo de chacun d’eux. Bien qu’efficace et toujours impressionnant, ces moments étaient également là pour rappeler qu’ils sont bons séparément mais qu’ils restent tout de même faits pour jouer en duo.

Rodrigo Sánchez @ Ancienne Belgique (© Julie Haelemeersch)

La setlist était parfaite. Ils ont joué des morceaux que j’attendais impatiemment, comme Diablo Rojo, Hanuman (cf. ma version live de Werchter ci-dessous), Juan Loco, Triveni, et bien sûr l’enchainement Logos/ Santo Domingo qui, selon moi, est la meilleure partie de leur nouvel album. Ils ont d’ailleurs confié que ce dernier album, nommé « 11:11 » et composé étonnement de 11 pistes, était une sorte d’hommage à 11 artistes qu’ils aiment beaucoup (parmi eux : Jimi Hendrix et Pink Floyd).

Ils n’ont bien sûr pas manqué de jouer la reprise « Orion » de Metallica (voir ci-dessous), après que la moitié du public ait crié le nom de ce morceau lorsqu’ils nous ont demandé ce qu’on voulait qu’ils nous jouent. L’autre moitié voulait visiblement la reprise « Stairway to Heaven » de Led Zeppelin, chose qu’ils ont faite plus tard très rapidement et dans une version très curieuse, finalement assez décevante (personnellement je préférais celle qu’ils ont faite à Werchter – voir plus bas).

Ils sont finalement venus en rappel nous jouer le morceau 11:11 et ont terminé par l’excellent Tamacu, auquel le public a largement contribué (après avoir été briefé par Rodrigo sur les accords à crier).
Ils ont ainsi mélangé des morceaux pleins d’énergie à d’autres morceaux d’ambiance plus calmes. Le tout était donc bien ficelé, pratiquement toujours original et la bonne humeur était au rendez-vous.

 

Live @ Ancienne Belgique, 2009

 

Live @ Werchter 2009



  1. 23/12/2009 at 23:47

    Bon et quoi, la suite ? J’ai mis que trois jours pour lire l’article en entier, hein… ;;)

    • 24/12/2009 at 19:01

      Je croyais que tu n’aimais pas mes review kilométriques?

  2. 26/12/2009 at 13:52

    Ben si mais je prends juste mon temps pour la lecture!

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