Pendulum – Immersion

01/06/2010 2 comments

Pendulum, c’est l’histoire de la rencontre entre trois Australiens : deux qui voulaient faire du rock (le chanteur/claviériste Rob Swire et le bassiste Gareth McGrillen) et un destiné à être DJ (Paul Harding). C’est en écoutant ce morceau de Konflict qu’ils ont décidé qu’ils feraient de la drum & bass ensemble, et quoi de mieux pour ça que de venir directement s’installer sur l’île où ce style de musique a vu le jour : le Royaume-Uni. S’ensuit deux excellentes productions sous le label Breakbeat Kaos : “Hold Your Colour” (2005) et “Jungle Sound Gold” (2006). Le style de ces disques est clairement orienté drum & bass, parfois purement jungle étant donné la présence de leurs anciens amis tels que DJ Fresh et Adam F sur “Jungle Sound Gold” (qui n’est pas vraiment un album mais une compilation mixée par Pendulum). Mais le groupe a d’autres ambitions et se procure quelques nouvelles têtes pour s’étendre vers d’autres styles : Paul Kodish à la batterie, Peredur ap Gwynedd à la guitare, et le MC controversé Ben Mount alias “The Verse”. On devine assez bien le ton de la suite des évènements : du rock, comme c’était initialement prévu.

L’équipe initiale : Gareth McGrillen, Rob Swire et Paul Harding

En 2007 sort le dernier morceau signé sous le label Breakbeat Kaos : Blood Sugar. On peut entendre dans l’introduction le désormais célèbre : “Fuck it, I lied… it’s drum and bass!” : et bien pas tant que ça… Le morceau est totalement différent de ce qu’ils ont produit et/ou mixé auparavant : les rythmiques du DJ sont maintenant soutenues par le batteur, on en prend plein la gueule et le succès est au rendez-vous. Comme un cadeau d’adieu ou un coup de poignard dans le dos pour le label (choisissez la version qui vous plait), c’est avec le succès de ce morceau que le groupe réalise qu’il est capable de passer du status de groupe drum & bass underground au status d’électro-rockeurs mainstream, et c’est bien ce qu’il va se passer. Sort ensuite sur un autre label (Warner Music) le morceau Granite (fin 2007), dont l’introduction rappelle les musiques de jeux vidéos de notre enfance, ce qui est d’ailleurs voulu étant donné qu’ils ont été jusqu’à reprendre le sample du chateau de Bowser dans Super Mario World (si vous n’y croyez pas, regardez cette vidéo). Après cette introduction vient immédiatemment des accords de guitare, chose inédite dans le groupe et qui annonce un côté rock, avec des penchants métal que le groupe convoitait visiblement depuis un petit temps. Pour cette raison, le groupe sera relativement abandonné par son public drum & bass et le single sera même qualifié de “shit single” par l’artiste Goldie. Le groupe ne s’arrête pas en si bon chemin et lance Propane Nightmares (début 2008), plus gros succès du groupe depuis lors. Le chant de Rob Swire se veut plus mielleux (digne d’un chanteur de R&B), le rythme accéléré à la manière drum & bass est conservé, mais le groupe fonce dans un style électro beaucoup plus marqué… et c’est super efficace! Ensuite sort leur deuxième album “In Silico” (2008) une perle musicale duquel sont extraits les deux singles précités. L’album entier est dans le même esprit : on oublie la jungle, on ajoute plus de rock, plus d’électro, plus de vocals. Finalement, plus rien n’est conservé de leur premier album “Hold Your Colour“, si ce n’est la fameuse phrase “In through the maze through your reflection, we enter from a terminal connection” présent dans la piste Mutiny (en clin d’oeil au morceau The Terminal du premier album). Cela donne le meilleur album de 2008 selon moi, un chef d’oeuvre dans le domaine de l’électro qui, à l’époque, a même inspiré et convaincu Liam Howlett (DJ de The Prodigy) qu’il était encore possible d’apporter quelque chose au monde de l’électro et cela l’a même poussé à reprendre du service avec son groupe et à fournir plus tard le fameux “Invaders Must Die” (après 5 ans de pause). Sur “In Silico“, on trouve des morceaux de pure folie comme Showdown (meilleur morceau du groupe à ce jour selon moi) ou des ballades instrumentales comme Midnight Runner (titre magnifique que l’on pourrait presque qualifier d’électro progressive).

Pendulum à Werchter 2009 (Photo © Jonathan Verlant-Chenet)

Pendulum à Werchter 2009 (Photo © Jonathan Verlant-Chenet)

En décembre 2009, le groupe nous apprend qu’il sortira un troisième album, et après à peine un mois de patience, le groupe présente une grande partie de ces morceaux dans un concert live à Matter, nommé “Earstorm”. Ils y annoncent le nom et la date de sortie de leur prochain album : 24 mai 2010. S’ensuit 4 longs mois d’attente durant lesquels il faut se contenter d’enregistrements live pour tenir le coup. Durant cette période sort le single Watercolour, un morceau efficace dans la même veine que Propane Nightmares : un Rob Swire tantôt pleurnichard tantôt agressif, une introduction calme qui monte en crescendo vers un rythme effreiné type drum & bass. C’est un morceau qui était effectivement destiné au grand public. Le groupe n’a ici pas révolutionné grand-chose, la recette était efficace donc autant rester sur ses bases. Après quelques previews en tout genre et autres teasers à rendre les fans fous, l’album sort enfin. Une chose est sure, avant de lancer l’immersion, le groupe a d’abord changé plusieurs fois de cap et a pris de nombreux détours parfois osés. L’album est une ode à la musique électronique, on y trouve de tout. Si vous êtes un fan incontesté de “Hold Your Coulour” et que vous avez été déçu par “In Silico“, cet album n’est pas fait pour vous. Le seul morceau qui s’approche de la drum & bass “pure” qu’ils faisaient à l’époque est Under The Waves. Le reste est une pure divergence vers de nouveaux horizons…

Pendulum à Werchter 2009 (Photo © Jonathan Verlant-Chenet)

Pendulum à Werchter 2009 (Photo © Jonathan Verlant-Chenet)

On commence avec Genesis, une introduction mystérieuse et épique comme ils savent si bien le faire. Pendant les trompettes triomphantes, on entend une mélodie au clavier en mode “8 bit” qui rappelle à nouveau nos jeux vidéos d’enfance. Cette intro annonce un grand album, mais elle ne vaut pas celle de leur live à la Brixton Academy (selon moi, la meilleure intro d’album jamais faite). S’enchaine immédiatement Salt In The Wounds, le morceau sans doute le plus décevant de tout l’album. Ils ont tout simplement tenté de reprendre la recette de “Hold Your Colour” en nous pondre un remake de Slam (dont le clip, au passage, est assez intéressant dans son genre) à la sauce “In Silico“. Sérieusement, les notes du riff principal sont identiques aux premières notes de Slam, ça sent le réchauffé et le morceau s’épuise sur plus de 6 minutes assez injustifiées étant donné le peu de nouveaux concepts qu’on y trouve. Bref, une bonne défonce mais sans plus.
Après Watercolour, on trouve les premiers essais du groupe à la Dubstep. Ca se nomme Set Me On Fire et c’est tout simplement génial. Je ne suis pas spécialement un fan du genre mais ils ont réussi à tourner le morceau à leur manière, saupoudré de bruitages vidéoludiques en tout genre et d’ambiances cinématiques. Il ne manque qu’une chose à ce morceau : un MC ! En espérant que Ben Mount prépare un rap pour la version live de ce morceau.
On trouve ensuite Crush, un titre puissant dans la même veine que Granite : des guitares agressives, Rob Swire est accompagné (probablement par le bassiste Gareth McGrillen vu les extraits live) dans un chant criard. Le morceau se conclus par un triste couplet à la guitare acoustique, technique assez classe qu’ils avaient déjà testée dans la version live de Propane Nightmares (par exemple celle à la Brixton Academy à 3:43) et qu’ils utiliseront plus tard dans l’album. Après ce morceau brutal s’enchaine le calme Under The Waves. Comme dit précédemment, c’est ce qui se rapproche le plus de ce que le groupe faisait du temps de l’album “Hold Your Coulour“, les percussions sont diminuées, le fond drum & bass n’est pas énormément édulcoloré, la voix de Rob Swire est douce. On pourrait presque s’endormir en écoutant cette piste. Mais après cette pause, on est très vite réveillé par l’énormissime Immunize. Ce morceau a été produit avec Liam Howlett, DJ de The Prodigy, et sa patte est plus que visible. Les sonorités font énormément penser au récent “Invaders Must Die” et le chant est très proche de ce que fait habituellement Keith Flint, MC des prodigieux. Ce morceau est agressif, suraccéléré et puissant, c’est une pure merveille (probablement la meilleure partie de l’album). Toujours dans la catégorie Prodigy, on trouve plus loin sur l’album le titre The Vulture, qui n’est pas sans rappeler Firestarter. On y entend un Ben Mount agressif, qui lui est plutôt sur les traces de Maxim Reality, l’autre MC des prodigieux. Si il est devenu relativement barbant de l’entendre durant les performances live de Pendulum (à vrai dire, il ne joue pas vraiment le rôle de MC mais plutôt “chauffeur de salle” et son registre n’est pas plus diversifié que « bounce like this, yeah ?! », « people, you’re ready ? », « everybody having a good time so faaaaaaar ? », etc), c’est une bonne surprise de l’entendre ici, surtout qu’il s’en sort très bien. De plus, si je ne m’abuse, c’est la première fois qu’on l’entend sur un morceau studio et il était grand temps.

The whole team

The whole team

Au milieu de l’album se trouve le morceau le plus long que Pendulum ait composé jusqu’à présent : The Island. Il se divise en deux parties qu’il est relativement insensé de jouer séparément. La première partie (Dawn) parait risible et inattendue de la part de ce groupe. Il s’agit d’une house très basique, digne d’un David Guetta un peu fatigué. Si elle n’apporte pas grand-chose, il faut la voir comme une (longue) introduction de la deuxième partie (Dusk), où le groupe part totalement dans une autre direction : l’électro-house. C’est 4 minutes délirantes où le groupe se prend pour The Bloody Beetroots. Les fans incontestés du label Ed Banger seront ravis : on a même droit au milieu du morceau à une petite pause au synthé en “mode orgue”, digne d’un bon Justice. C’est aussi un grand moment de l’album.
Comprachicos est une petite interlude vers encore d’autres styles. Cette fois-ci, c’est le style de Trent Reznor (des Nine Inch Nails) que Rob Swire adopte. Le morceau est court et efficace. S’ensuit Witchcraft, un tube dans la même veine que Watercolour : il a d’ailleurs sans surprise été annoncé comme étant le deuxième single pour cet album. Une fois de plus, efficace mais sans plus, c’est cependant un morceau qui plaira sans doute à un grand public.
Viennent ensuite deux collaborations obscures. Le premier, Self vs. Self invite le groupe In Flames, et est probablement la plus grosse incohérence de l’album. Si celui-ci se veut très varié dans les genres, on passe ici au death métal sans crier garde et on a plus l’impression d’avoir à faire à un intrus qu’autre chose. Et pour cause : il ne s’agit pas de “Pendulum featuring In Flames” mais plutôt “In Flames featuring Rob Swire“. En effet : chant, guitariste et basse sont gérés par les membres d’In Flames, le plus choquant étant sans doute le chant (sérieusement, du cri bestial de métalleux dans un album d’électro-rock ?). La contribution de Pendulum s’arrête donc à la batterie et un chœur un peu ridicule de Rob Swire. Le morceau en soi n’est pas mauvais mais n’a pas de raison d’être sur cet album. La deuxième collaboration est notre cher Steven Wilson (de l’excellent Porcupine Tree) dans The Fountain. C’est toujours un plaisir d’entendre sa voix sur un morceau et elle donne très bien sur le fond drum & bass. Le morceau est envoutant et on reconnait bien l’atmosphère à la Wilson.
L’album se termine par Encoder. Que dire ? La première écoute est horrible. Heureusement, le morceau se divise en deux parties. La première partie est insupportable, une sorte de croisement entre la bande son du Roi Lion et l’ignoble Viva la Vida de Coldplay. Qu’est-ce qui leur a pris ? Définitivement, ils ont décidé de tout essayer. La deuxième moitié du morceau rattrape le massacre, c’est une très jolie clôture d’album digne de ce nom. Elle commence par les quatre phrases ci-dessous (en fin d’article), suivi d’un triste accompagnement à la guitare et une fin à la guitare acoustique comme c’était le cas dans Crush. Finalement, on entend des bruits de vagues, comme si l’on venait de remonter à la surface après une longue immersion.

Ben Mount live

Ben Mount live

Dans les regrettés, on note le morceau Ransom qui devait à la base figurer sur l’album mais qui n’a pas été pris. Selon Rob Swire, il sera par la suite distribué gratuitement ou comme b-side éventuel. En attendant, on peut écouter des versions de ce démentiel titre lors du DJ set de Noisia (2009) ou du Excisions Shambhala (2009, version sans MC). Il existe aussi une version antérieure de Set Me On Fire (parfois aussi appelée Witchcraft à tort) jouée à Ibiza Rocks 2009.

En conclusion, cet album est ce que l’on pouvait espérer de mieux de Pendulum. Si il n’arrive clairement pas à la cheville de leur précédent “In Silico“, ils ont au moins le mérite d’avoir essayé de mélanger de nombreux genre musicaux sur un même disque, en allant de la house basique à la dubstep en passant par le death métal et de l’électro-house. Au final, n’importe quel amateur de musique électronique pourra trouver au moins un morceau qui lui plait dans ces 67 minutes d’immersion, et c’est sans doute ça la grande force de cet album. Quant au groupe, c’est un must-see en live et il est certain que les morceaux auront une toute autre allure sur scène. Affaire à suivre le 27 juin au Rock-A-Field festival et en août au Pukkelpop !

For everything that could have been,
But at least we took the ride.
There’s no relief in bitterness,
Might as well let it die.

Reel Big Fish @ Botanique

30/01/2010 2 comments

1996, c’est l’année où « Turn The Radio Off » sortait, un disque épique de ska par Reel Big Fish. Je ne me suis mis au genre que quelques années plus tard, parmi les premiers disques de No Doubt et de Save Ferris. Cela faisait donc une dizaine d’années que j’attendais avec impatience de pouvoir les voir en concert. Et ça valait vraiment le coup d’attendre…

Paul ‘Barney Boom’ Barnes (Sonic Boom Six)

La première partie était donnée par Sonic Boom Six, plus communément appelés SB6 dans le milieu underground british. On n’a pas forcément besoin d’attendre qu’ils nous parlent de leur origine car elle se devine assez facilement : chanteuse aux cheveux rouges clair style emo-punk, chanteur/bassiste à capuche dont les lobes d’oreilles ont doublé de volume pour faire place à un piercing cylindrique creux. Bref, je m’attendais pas mal à entendre du Blackout en version allégée, ou dans le pire des cas, du Paramore… Rien de tout cela! Pour la première fois, je suis complètement convaincu par une ouverture de concert, et ce dès la première chanson. Le groupe originaire de Manchester a ramené ce qui se fait de meilleur dans leur pays : la créativité à base de fusion de genres. Ils sont passés du punk classique (« The Road To Hell Is Paved With Good Inventions ») au ska-raggae (« Through The Eyes Of A Child », « The City Of Thieves ») en passant par du hip-hop (« Strange Transformations », « Tell Me Something That I Don’t Know ») ou même des morceaux bien plus trash, à la limite du métal (« Polished Chrome And Open Kitchens », morceau sur lequel ils nous ont invités à crier les choeurs du refrain : WHO… YOU…). C’est donc un groupe au genre plutôt non défini mais surtout très efficace dans tout ce qu’ils nous envoient.

Laila Khan (Sonic Boom Six)

Malgré un public complètement ramolli et une orangerie quasi vide, le groupe est parvenu a envoyer sur scène une énergie impressionnante. La charmante Laila K. est une pile électrique sur pattes, avec une voix très agréable qui donne des tons un peu émo à leur musique sans pour autant que ça ne soit dérangeant. Dommage que son micro ait mal été réglé car de temps en temps on ne l’entendait pas du tout. Paul ‘Barney Boom’ Barnes, deuxième chanteur, donne de temps à autre sa basse au guitariste afin de pouvoir bouger un peu partout sur scène. Petit clin d’oeil au DJ Cut Killer, on l’entend crier “Woop woop, assassin de la police” sur la chanson « Piggy In The Middle », en référence à une des musiques du film La Haine.
En écoutant de plus près leurs albums, on remarque également quelques relents de drum & bass par moments, ce qui montre définitivement leur envie de mélanger les genres. Un groupe éclectique à découvrir d’urgence!

Aaron Barrett (Reel Big Fish)

Viennent ensuite les tant attendus Reel Big Fish. On sent la différence au niveau de l’ambiance : la salle est maintenant bondée, la tension monte, les gens commencent à crier en choeur : “Let’s go, Big Fish!”. Ils n’auraient pas pu mieux commencer : on aura droit à « Sell Out » et « Trendy » comme entrée (à savoir, les deux premiers morceaux du disque « Turn The Radio Off »). La foule est instantanément entrainée, pas une personne dans la salle n’a réfléchi et tout le monde se met à sauter, pogoter, chanter pendant ces deux chansons cultes. On restera d’ailleurs tous dans cette forme olympique durant approximativement tout le concert.

Le guitariste/chanteur Aaron Barrett est plein de charisme, son enthousiasme se propage immédiatement dans la foule et on voit qu’il prend un certain plaisir sur scène. Les cuivres sont placés à ses côtés, ils sont tout autant en forme et nous aurons souvent droit à des danses les plus ridicules les unes que les autres. Une attitude sur scène qui me fait finalement beaucoup penser au concert de Marcel et son Orchestre que j’avais vu quelques mois plus tôt dans cette même salle. Dans le fond, le bassiste tient compagnie au batteur et tous les deux se font très discret, à la limite du dispensable. Cela fait maintenant pratiquement 20 ans qu’ils tournent avec les grands poissons, on les imagine fort blasés, dommage.

John Christianson & Dan Regan (Reel Big Fish)

Au niveau de la setlist, ils ont relativement bien fait l’impasse sur leur dernier album : on a eu droit à « Brown Eyed Girl » et une partie de « Monkey Man », sans plus. A vrai dire, si cet album est intéressant, ce n’est pas vraiment ce qu’ils ont fait de mieux et ce n’est donc pas plus mal. Faites donc place à une setlist à moitié remplie d’autres chansons de l’album « Turn The Radio Off » : « Snoop Dog, Baby », « Everything Sucks », « Beer », « S.R. » (Suburban Rhythm), « She Has A Girlfriend Now », ô joie, quelle tuerie! Cette dernière chanson annonçait le retour sur scène très prometteur de Laila Khan (chanteuse de Sonic Boom Six de la première partie) pour chanter un très bon duo avec Aaron (remplaçant ainsi la chanteuse Monique Powell de Save Ferris). Le plus impressionnant était de loin les cinq versions différentes de « S.R.». Interprété en rappel, ils l’ont d’abord jouée normalement, ensuite en version punk-rock, disco, ancien rap (façon Run DMC), pour terminer avec une version métal hilarante où le trompettiste Scott Klopfenstein a presque manqué d’avaler son micro pour y crier tous les sons les plus atroces qu’il pouvait. “Non, nous ne ferons pas une version raggae de notre chanson comme tous les autres mauvais groupes de ska”.

Guitare d’Aaron Barrett

En dehors de ces chansons cultes, on a eu droit à une sorte de best of de leurs autres albums, ainsi qu’une reprise de « Take On Me » (version ska de la chanson de A-Ha) qui cloturait la première partie du concert. Le groupe a apparemment tellement aimé le public belge qu’ils nous ont dédié une reprise d’ « Enter Sandman » (de Metallica). Bien sûr, cela faisait partie du show et l’on pouvait lire sur leurs setlists l’ironique “Mr. Sandman”.

Une bonne humeur, une ambiance excellente, une énergie impressionnante sur scène. Même si le prix à payer est de se faire écraser sur le bord de la scène lors des pogos trop violents, j’y retournerai avec plaisir!



Toutes mes photos : http://www.flickr.com/photos/jverlant/sets/72157623192056961
Playlist de mes vidéos : http://www.youtube.com/view_play_list?p=04E0EDCD1B3A854A



Sonic Boom Six – Tell Me Something I Don’t Know

Reel Big Fish – Trendy

Reel Big Fish – She Has A Girlfriend Now

Rodrigo y Gabriela @ Ancienne Belgique

20/11/2009 3 comments

Alors que certains ne marchent parfois plus tout à fait droit sur le boulevard Anspach (Saint V oblige), d’autres ont les idées très claires et attendent sagement devant l’AB pour l’ouverture des portes : ce soir c’est Rodrigo et Gabriela qui sont à l’honneur !

Wallis Bird @ Ancienne Belgique (© Vincent Philbert)

C’était Wallis Bird qui donnait l’ouverture de la soirée. Première réaction : super, une chanteuse de plus qui s’est dit que se pointer sur scène avec une guitare et sa belle voix suffirait à amuser les gens et ne pas tomber dans l’ennui profond (comme c’est souvent le cas). Elle s’est bien défendue par rapport à cela, et ce grace à son caractère relativement déjanté. Heureusement, certains morceaux avaient bien plus de punch que les autres, et sont clairement ressortis du lot. Elle s’est donc bien démerdée, et s’est bien sûr vantée d’accompagner Rodrigo y Gabriela en leur faisant une éloge bien particulière (« everytime I see them from the side of the stage, I have to change my underwears », quelque chose de raffiné dans le style!)

Passons au plat de résistance…
Une chose est certaine, le duo Rodrigo y Gabriela a accumulé au fil des années un petit succès qui ne se cache pas le soir du concert. Pourtant déjà présents pour égayer les froides soirées bruxelloises d’automne en 2007 et en 2008 (également à l’AB, peu d’artistes s’en permettent autant), le public n’a pas moins l’air enthousiaste de revoir nos chers mexicains.

Rodrigo y Gabriela @ Ancienne Belgique (© Julie Haelemeersch)

Personnellement, je les avais déjà vus à Werchter cette année, je ne les connaissais pas encore mais un ami qui était avec moi à ce moment là ne voulait les rater sous aucun prétexte. Et j’ai bien vite compris pourquoi. Ils arrivent l’air de rien, avec leur guitare semi-acoustique, une haute modestie mais également une joie de vivre naturelle qui met le feu. La plupart du temps, Rodrigo s’occupe d’envoyer les mélodies tandis que Gabriela utilise sa guitare pour donner un mélange entre les accords accélérés et une percussion, technique apparemment bien à elle.

A Werchter comme à l’AB, je suis resté scotché face aux performances de chacun d’eux. Gabriela arrive à jouer des séries rapides tout en frappant sur sa guitare, et ce à une vitesse impressionnante. Rodrigo, de son côté, ne cache pas sa maitrise et enchaine les accords : comme si James Hetfield s’était soudainement décidé de jouer de la guitare acoustique. Et ce n’est pas un hasard : les deux zigotos faisaient précédemment partie d’un groupe de métal (nommé Tierra Ácida) avant de se mettre à jouer des musiques un peu plus romantiques.
Pour les connaisseurs, toutes leurs techniques sont expliquées ici, par les concernés eux-même.

Gabriela Quintero @ Ancienne Belgique (© Julie Haelemeersch)

J’ai eu l’occasion entre les deux concerts de découvrir leurs albums, en particulier l’éponyme « Rodrigo Y Gabriela » que je conseille fortement. J’ai pu donc prendre d’autant plus de plaisir lors de ce concert à l’AB. Il était excellent, pour moi encore mieux qu’à Werchter. On a vraiment eu l’impression qu’ils avaient réfléchi à la manière de tourner chacune de leur chanson en un concept pour entrainer tout le public dans leur monde à part. Niveau communication orale, il ne faut pas en attendre grand-chose : « come on ! », « we love belgium, you are the greatest audience in the world » (mais oui, j’en suis certain !), « we are going to make another concert in fo…faureste né…na…natzzionnalé… whatever they fucking call it » (très amusant, le public a d’ailleurs hué cette dernière phrase, répondant un « noooooo » général lorsqu’ils ont demandé si la salle de Forest National était bien!). A part ça, les dialogues étaient relativement absents ; mais heureusement, pas besoin pour eux de parler pour transmettre la joie que le public attend. Ils ont l’air heureux d’être là, parfois même trop (c’est à se demander ce qu’ils consomment avant de rentrer sur scène), et c’est communicatif.

Pour chaque chanson, on a donc eu droit à un de leur concept original : un « duel » de guitares, une ambiance lever/coucher de soleil en fond de musique douce, Rodrigo a même été jusqu’à jouer de la guitare avec une bouteille de bière (ce qui donnait un effet psychédélique digne des Pink Floyd). Souvent, ils ont fait participer le public : applaudissements à différents rythmes par Gabriela (par exemple sur Juan Loco, comme on voit sur la vidéo ci-dessous), imitation vocale des accords de Rodrigo, etc.
On a eu droit également à un solo de chacun d’eux. Bien qu’efficace et toujours impressionnant, ces moments étaient également là pour rappeler qu’ils sont bons séparément mais qu’ils restent tout de même faits pour jouer en duo.

Rodrigo Sánchez @ Ancienne Belgique (© Julie Haelemeersch)

La setlist était parfaite. Ils ont joué des morceaux que j’attendais impatiemment, comme Diablo Rojo, Hanuman (cf. ma version live de Werchter ci-dessous), Juan Loco, Triveni, et bien sûr l’enchainement Logos/ Santo Domingo qui, selon moi, est la meilleure partie de leur nouvel album. Ils ont d’ailleurs confié que ce dernier album, nommé « 11:11 » et composé étonnement de 11 pistes, était une sorte d’hommage à 11 artistes qu’ils aiment beaucoup (parmi eux : Jimi Hendrix et Pink Floyd).

Ils n’ont bien sûr pas manqué de jouer la reprise « Orion » de Metallica (voir ci-dessous), après que la moitié du public ait crié le nom de ce morceau lorsqu’ils nous ont demandé ce qu’on voulait qu’ils nous jouent. L’autre moitié voulait visiblement la reprise « Stairway to Heaven » de Led Zeppelin, chose qu’ils ont faite plus tard très rapidement et dans une version très curieuse, finalement assez décevante (personnellement je préférais celle qu’ils ont faite à Werchter – voir plus bas).

Ils sont finalement venus en rappel nous jouer le morceau 11:11 et ont terminé par l’excellent Tamacu, auquel le public a largement contribué (après avoir été briefé par Rodrigo sur les accords à crier).
Ils ont ainsi mélangé des morceaux pleins d’énergie à d’autres morceaux d’ambiance plus calmes. Le tout était donc bien ficelé, pratiquement toujours original et la bonne humeur était au rendez-vous.

 

Live @ Ancienne Belgique, 2009

 

Live @ Werchter 2009